Jérémy, le prophète Jérémie à l'anglaise : sens, fête et génération
Jérémy est la forme francisée de l'anglais Jeremy, lui-même tiré de Jérémie, en hébreu Yirmeyahu, que l'on traduit par « Yahvé élève » ou « que Yahvé se lève ». Les traductions varient légèrement selon les auteurs. Nominis fête Jérémy le 1er mai avec le prophète Jérémie. Le prénom a culminé en France vers 1987.
Yirmeyahu : un nom de prophète
Le nom hébreu Yirmeyahu associe un verbe signifiant « élever, exalter » et la terminaison -yahu, forme abrégée du nom divin. Selon l'analyse retenue, on le rend par « Yahvé élève », « Dieu est élevé », sens que donne Nominis, ou « que Yahvé se lève », traduction proposée par Wikipédia. Le grec l'a transcrit Ieremias et le latin Jeremias, d'où le français Jérémie. L'anglais en a tiré Jeremiah pour le prophète et Jeremy comme prénom courant. Jérémy, avec ses deux accents, est l'adaptation française de cette forme anglaise.
Jérémie et la chute de Jérusalem
Le prophète Jérémie naît vers 640 avant notre ère à Anatoth, près de Jérusalem, dans une famille de prêtres. Il prêche sous les derniers rois de Juda et annonce la catastrophe qui survient en 587 ou 586 avant notre ère, lorsque les Babyloniens prennent Jérusalem et déportent une partie de la population. Il dicte ses oracles à son secrétaire Baruch. La tradition lui attribue le livre qui porte son nom et les Lamentations, attribution que la recherche moderne nuance en y voyant l'œuvre de plusieurs rédacteurs. Selon des sources non canoniques, il serait mort en exil en Égypte.
Des Lamentations à la jérémiade
Le prophète a laissé une trace inattendue dans la langue française. Par allusion aux Lamentations attribuées à Jérémie, on a formé le nom commun jérémiade, avec le suffixe -ade, pour désigner une plainte répétée et importune. Le mot est familier et souvent employé au pluriel : on reproche à quelqu'un ses jérémiades. Les porteurs du prénom n'ont évidemment rien à voir avec ce sens péjoratif, et le prénom Jérémy, par sa forme anglaise, a d'ailleurs perdu toute proximité visuelle avec le mot.
Le caractère attribué à Jérémy
La tradition des prénoms décrit Jérémy comme un garçon sociable et charmeur, plein d'humour, spontané, attaché à sa liberté, mais aussi sensible et parfois inquiet sous une apparence décontractée. Ce portrait ne doit presque rien au prophète austère de la Bible ; il reflète plutôt l'image d'une génération d'enfants des années 1980. Il ne s'agit que d'une convention sans valeur descriptive.
Fête : le 1er mai
Nominis fête les Jérémy le 1er mai, fête locale de saint Jérémie, le prophète, en considérant Jérémy comme une forme dérivée de Jérémie. C'est donc une fête par rattachement à la forme majeure. Le même jour est aussi, en France, celui de la fête du Travail, une coïncidence qui aide à la mémoriser. Nominis cite encore un martyr Jérémie, tué à Cordoue en 852 avec Émile.
Popularité : l'éclair des années 1980
Jérémy n'apparaît dans les naissances françaises qu'à la fin des années 1960. D'après l'Insee, en additionnant Jérémy et Jeremy, dont la séparation dépend surtout de la saisie des accents selon les années, le prénom décolle au milieu des années 1970, grimpe très vite et atteint son sommet en 1987, où il figure parmi les tout premiers prénoms masculins. Le recul commence dès le début des années 1990 et ne s'interrompt pas pendant la décennie suivante ; il est devenu rare depuis 2015. Jérémie a suivi une courbe parallèle, avec un sommet la même période et des effectifs nettement plus faibles.
Jérémy, Jérémie, Jeremiah : les formes du nom
| Forme | Langue ou usage |
|---|---|
| Yirmeyahu | Hébreu |
| Jérémie | Français, forme biblique |
| Jeremy, Jeremiah | Anglais |
| Jérémy | Adaptation française de Jeremy |
| Geremia | Italien |
| Jeremías | Espagnol |
Jérémy appartient à la vague des prénoms à consonance anglaise ou biblique qui ont marqué les naissances des années 1980, avec Jonathan, Anthony, Mickaël ou Julien, dont les sommets se situent entre 1985 et 1988. Samuel, Jonathan et Mickaël partagent avec lui une origine hébraïque, tandis qu'Anthony remonte au latin Antonius.
Jérémy Chardy, Jérémy Ferrari, Jeremy Irons
Le joueur de tennis Jérémy Chardy, né à Pau en 1987, professionnel de 2005 à 2023, a remporté le tournoi de Stuttgart en 2009 et atteint la 25e place mondiale en 2013. L'humoriste Jérémy Ferrari, de son vrai nom Jérémy Larzillière, né en 1985 dans les Ardennes, s'est fait connaître dans l'émission On n'demande qu'à en rire par un humour noir sur des sujets sensibles. L'acteur britannique Jeremy Irons, né en 1948 sur l'île de Wight, a reçu un Tony Award à Broadway en 1984 pour The Real Thing.
Jérémy en numérologie
| J | E | R | E | M | Y | Total |
|---|---|---|---|---|---|---|
| 1 | 5 | 9 | 5 | 4 | 7 | 31 |
Jérémy totalise 31, soit 3 + 1 = 4 : son nombre d'expression est le 4, chiffre de la stabilité et du travail méthodique dans cette tradition. Jérémie, qui termine par ie au lieu de y, atteint 38, puis 3 + 8 = 11 : ce maître nombre se garde en l'état. Les accents ne comptent pas. Deux formes du même nom aboutissent donc à des lectures très différentes, ce qui souligne l'arbitraire du procédé.
Questions fréquentes
Quelle est la signification du prénom Jérémy ?
Jérémy vient, par l'anglais Jeremy, du nom du prophète Jérémie, en hébreu Yirmeyahu. On le traduit par « Yahvé élève », « Dieu est élevé » ou « que Yahvé se lève », selon l'analyse du verbe. Le prénom rappelle le prophète de la chute de Jérusalem, à qui la tradition attribue les Lamentations.
Quelle différence entre Jérémy et Jérémie ?
C'est le même nom. Jérémie est la forme française traditionnelle, celle du prophète biblique. Jérémy est l'adaptation de l'anglais Jeremy, devenue très populaire en France dans les années 1980. Nominis les fête ensemble le 1er mai, mais leur calcul numérologique diffère.
Quand fête-t-on les Jérémy ?
Le 1er mai, jour de saint Jérémie, prophète de l'Ancien Testament, selon Nominis, qui classe cette date en fête locale. Le prénom Jérémy n'a pas de saint propre : sa fête passe par la forme biblique Jérémie. Le 1er mai coïncide avec la fête du Travail.